L’autoconsommation industrielle

Comment alléger les charges électriques en entreprise ?

Depuis 1997, année de l’ouverture à la concurrence de la distribution d’énergie aux professionnels, les entreprises qui consommaient de gros volumes d’électricité ont pu négocier le prix du kWh pour faire des économies substantielles.

En 2020, en face d’EDF l’opérateur historique, on trouve Total Direct Énergie, Engie, l’italien ENI et plus d’une vingtaine d’autres fournisseurs d’électricité. La multiplication du nombre d’acteurs permet encore aux professionnels de souscrire à des contrats à des conditions avantageuses, mais les écarts entre les offres tendent à se resserrer. Aujourd’hui, la marge de négociation des distributeurs tient plus dans des engagements de limitation de la hausse du prix à court terme que dans des différences de prix du kW.

La concurrence entre les fournisseurs d’électricité ne suffit plus à limiter la hausse de la charge des dépenses énergétiques des entreprises.

En 2020, on a atteint les limites de ce que la concurrence permet d’offrir en matière d’allègement des charges d’énergie.

Comme le prix de l’énergie est amené à augmenter au cours de la prochaine décennie, les entreprises doivent anticiper la hausse de cette charge et mettre en œuvre des solutions techniques pour préserver leurs marges.

L’autoconsommation fait maintenant partie de ces solutions.

Comment le photovoltaïque peut-il réduire le prix de l’électricité dans l’entreprise ?

L’autoconsommation électrique consiste à consommer l’énergie produite par les panneaux solaires sur le site de production, sans stockage intermédiaire dans des batteries. Concrètement, le soleil se substitue à l’énergie du réseau tant que dure l’ensoleillement et permet d’alléger la facture d’électricité soutirée sur le réseau.

Aux heures d’ensoleillement, l’énergie solaire peut se substituer à celle du réseau.

Les industries qui consomment des volumes d’énergie de façon linéaire tout au long de la journée se prêtent particulièrement bien à l’autoconsommation.

L’ensoleillement étant plus abondant d’avril à septembre, l’autoconsommation d’énergie solaire est idéale pour alimenter les compresseurs de groupes frigorifiques ; d’autant plus qu’il s’agit des mois les plus chauds au cours desquels les groupes sont particulièrement sollicités.

Il s’agit notamment des activités qui consomment d’importants volumes de froid industriel, comme les entrepôts réfrigérés de la grande distribution, les locaux de production et de conservation de denrées alimentaires ou de médicaments, mais aussi les bureaux du secteur tertiaire qui utilisent de la climatisation en été et qui possèdent de larges surfaces de toiture.

Un exemple d’utilisation de l’autoconsommation photovoltaïque pour réaliser des économies d’énergie dans la production de froid industriel.

À cause du coût du matériel et de l’installation, le kWh produit par une centrale photovoltaïque a longtemps été supérieur au coût de l’énergie du réseau. Le choix d’installer des panneaux solaires tenait plus à un effet d’opportunité afin de profiter des conditions avantageuses des contrats d’obligation d’achat d’EDF en injectant l’énergie produite sur le réseau. Le nombre d’installations de ce type a d’ailleurs diminué à mesure que les tarifs d’achat bonifiés tendaient à se rapprocher du prix du kWh réseau.

Mais la baisse des coûts de fabrication des panneaux solaires, associée à la hausse continue du prix de l’énergie, conduit aujourd’hui à la parité entre l’électricité du réseau et celle d’une installation photovoltaïque.

En effet, le prix de l’électricité en France a déjà augmenté de 50 % en 10 ans et la tendance va se poursuivre avec des perspectives prévues d’augmentation du prix du kWh de l’ordre de 5,7 % par an.

Le rapport de la Commission Énergies 2050 prévoit que la hausse du prix de l’électricité va se poursuivre, notamment en raison :

– Des dépenses d’entretien dans le réseau vieillissant de transport et de distribution.

– Des futurs investissements dans de nouvelles installations de production.

– D’une tendance haussière liée à la demande des pays émergents.

Le kWh autoconsommé arrive à la parité avec le kWh du réseau.

2020 est donc l’année où l’autoconsommation devient une authentique solution économique, à la rentabilité soigneusement calculée.

Les entreprises qui souhaitent lisser la hausse du coût du kWh et anticiper l’augmentation de leurs charges énergétiques peuvent dès maintenant voir l’autoconsommation comme l’un des meilleurs choix d’investissement actuels.

Même si cette tendance va se poursuivre, la fin prochaine des subventions de l’État chinois à sa filière photovoltaïque et les conséquences de l’épidémie virale en Asie, nous bénéficions encore pour quelques mois d’une fenêtre d’opportunité pour investir dans les meilleures conditions.

En 2020, le kWh autoconsommé arrive à la parité avec le kWh du réseau.

Le kWh solaire devient meilleur marché que les autres énergies.

Comparaison de la composition de l’électricité, entre l’énergie du réseau et l’énergie autoconsommée.

Quelle surface de panneaux solaires faut-il ?

On parle d’autoconsommation directe lorsque les équipements électriques de l’entreprise utilisent immédiatement l’énergie produite par les panneaux solaires. Il n’y a pas de stockage dans des batteries et le prix de l’installation est plus économique.
Pour optimiser la rentabilité de la centrale photovoltaïque, il faut dimensionner la surface des panneaux solaires de façon à couvrir la puissance minimale soutirée pendant 90 % du temps. L’objectif est de fournir en énergie solaire la puissance correspondant à ce « talon de consommation ».
En effet, bien qu’il soit possible d’injecter sur le réseau l’excès d’énergie produite, il est aujourd’hui plus avantageux d’autoconsommer les kWh solaires que de les revendre.

La consommation d’électricité fluctue au cours des activités de l’entreprise, mais elle ne descend pas en dessous d’un seuil, le « talon de consommation », qui peut être substitué par de l’énergie solaire.

Combien coûte le recyclage des panneaux photovoltaïques ?

La directive européenne 2012/19/UE impose aux fabricants, importateurs et distributeurs d’équipements électriques et électroniques d’assurer le financement du recyclage de leurs produits. Le décret 2014/928 a transposé cette règlementation dans le droit français.

Le recyclage des panneaux solaires n’est donc pas à la charge de l’utilisateur.

La collecte et la gestion du matériel usagé sont aujourd’hui assurées par PV CYCLE FRANCE, via un réseau de 177 points de collecte où peuvent être déposés sans frais les panneaux photovoltaïques endommagés ou en fin de vie.

La quasi-totalité des composants d’un panneau solaire est recyclable.

Tout se recycle
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